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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:13

Sauvons Yagg !

 

Cela faisait quelques mois que ce blog existait de manière couplé avec le blog que je tiens sur Yagg. 

Avec les difficultés que rencontre le média susnommé ces derniers temps, le moment est arrivé, je crois, d'effectuer totalement la transition.

Par solidarité avec ce média, je préfère amener des lecteurs via mon blog sur Yagg que sur Over-Blog. Et je pense que vous y gagnerez aussi. Je crois beaucoup, beaucoup à ce média.

 

L'aventure continue sur : http://tornbluejeans.yagg.com/

 

Merci.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 02:54

Il y a deux sortes de bons films : les films desquels on sort en redécouvrant la réalité au point la remettre en question, en plus de ressentir cette espèce de vertige pâteux à la sortie de la salle, choqués par le fait de revenir à la triste réalité de la place de la Nation après trois heures passés dans la Matrice, et ceux dont on sort en se disant qu’on n’a jamais été aussi près de la réalité. Après le vertige du dépaysement l’étonnement du microscope.
Je crois que The kids are all right est de cette dernière catégorie.

 

Comme d’habitude, quand je sors de spectacles de ce genre, je ne sais jamais par où commencer : le travail d’équilibriste de la critique de tout spectacle plus ou moins culturel et de qualité est celui de prendre son courage à deux mains et de trouver une accroche parmi les milliards de choses qu’on a envie de dire en même temps.

 

Étonnement du microscope, disais-je. Quand on est lesbienne et qu’on a 21 ans, on a forcément un jour pensé à l’éventualité -serait-elle minime- d’avoir peut-être des enfants. Et on se demande toutes, à un moment donné, comment ça va se passer ? C’est long, c’est compliqué et c’est même douloureux d’avoir un enfant de nos jours quand on aime les femmes. Et il y a tellement de manières de procéder, de conjuguer cette chose très importante qu’est la maternité. C’est la porte ouverte à plein d’incertitudes, de reconfigurations, de questions : et l’homme dans tout ça ? Parce qu’un moment donné où à un autre, un homme (puisqu’il faut du sperme) rentre dans la configuration…Comment construire cette chose instable et difficile -la famille- autour de cette procréation qui se fait, en fait, à trois, sans que tout explose ?
C’est ce nœud qu’explore le film.

 

Ce film nous parle moins d’homoparentalité que d’une famille, et c’est en ça qu’à mon sens il est réussi. C’était un pari que de partir sur un thème aussi compliqué et aussi important, et elle a réussi avec brio ce travail d’équilibriste : nous avons là un film sans bons sentiments niaiseux ni fin à la Cendrillon, sans manichéisme primaire ni exaltation bornée de l’homosexualité. Rarement, je crois, un film n’aura approché ce thème avec cette justesse et cette acuité.

 

Justesse tout d’abord sur le regard, le parti-pris : il est ici donc avant tout question d’une famille, de cette relation interpersonnelle complexe entre quatre individus (deux mamans, deux enfants), et c’est tout. On n’en fait pas un pataquès qu’elles soient lesbiennes et c’est très bien, car au final, ce n’est pas ça le plus important ; c’est la famille qu’ils forment ensemble. Ce n’est pas si différent d’une famille hétérosexuelle. Une équivalence tacite est mise en place, sans que cela soit revendicatif. Et surtout, (et c’est là où j’applaudis à deux mains, très fort), en plus de dédramatiser l’homoparentalité en lui donnant ce statut de parentalité à part entière sans en faire trop (ce qui est déjà énorme), ce film réussit à nous faire approcher la grande complexité des relations humaines. Comment l’on peut être lesbienne, essayer les hommes, et revenir aux femmes, et ne pas devenir bi, parce que ce serait trop simple. C’est comme ça dans la vraie vie. Les gens passent leur temps à se chercher. La vie, c’est une question qui ne se ferme jamais vraiment.

 

Justesse également sur le jeu, le choix des acteurs et leur interprétation des personnages. On a un couple de lesbiennes qui «font lesbiennes» sans tomber dans le cliché à outrance, un «donneur» à la personnalité vraiment complexe. Chaque personnage est très travaillé et interprété avec talent. On s’y identifie très bien, sans pour autant perdre en profondeur de caractère : les gens dans la vraie vie sont comme ça, ils ont plusieurs facettes, sont instables, imprévisibles. Les princesses n’épousent pas les princes charmants, quoi. Mais c’est ça qu’est beau aussi.

 

En somme, on ne va pas voir ce film parce que ça parle de deux lesbiennes qui ont des gamins, comme on va voir les trucs de niche parce que c’est notre chapelle, mais pour plonger dans la réalité palpable de la parentalité, de ses écueils et de ses réussites. On y va pour passer un grand moment plongé dans la vraie vie, que la photographie de ce film ne lâche pas d’une semelle, sans mélodrames inutiles, ni violons. Juste le cadrage, la cadence toujours à propos avec la scène qui se déroule.
Et c’est dix fois plus riche.

 

Même la musique est bien.

 

Courrez au cinéma.

 

 

(Je tiens à remercier Yagg de m’avoir donné l’opportunité de voir ce film, et je tiens également à signaler que non, je n’ai été soudoyée par personne !)

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 11:38

Je n’ai jamais été commère. L’avis des gens sur ma personne me fatigue, et dire du mal des autres me fatigue encore plus, sauf si c’est vraiment des gens mauvais -et dans ce cas je protège mes amis.

Sauf que là, il y a des choses à recadrer. 
 

 

On dit que je suis trop militante. Bon déjà merci aux trois pélerins qui ont eu l’intelligence de me faire la remarque en face (je pense à des camarades d’amphis qui se reconnaîtront, notamment). Au moins je peux en parler avec eux. 

Comment voulez-vous que change quoi que ce soit si personne ne vient me le dire ? Hein ?

 

Tout d’abord, j’aimerais bien qu’on définisse ensemble ce que c’est d’être militant LGBT.

Etre militant, pour une personne LGBT vivant dans la société dans laquelle nous sommes, pour moi c’est en tout premier lieu (et très simplement) exister. Notre existence elle-même dérange. Donc nous la revendiquons en permanence. Se tenir la main dans la rue est un acte militant. Parce qu’il y a toujours ce risque -réel- du coup de bâton.

 

Et que dire des quelques signes discrets qu’on laisse sur nous pour que le potentiel autre «déviant» nous reconnaisse, pour ainsi faire connaissance et, qui sait, peut-être plus ? N’est-ce pas de revendiquer son homosexualité, messieurs, que de porter vos petits jeans serrés, vos petits tee-shirts, votre grand sac ? Je reconnais la plupart des gays...à leur tenue vestimentaire, faut l’faire. Et les filles ? N’est-ce pas revendiquer son homosexualité que de décider de porter la mèche ? De refuser, pour certaines, le port de la jupe ?

 

Donc de ce point de vue, nous sommes tous militants. Même toi là bas.

 

Au delà de cela, être militant LGBT, j’imagine que pour la plupart des gens, il s’agit d’être militant dans une association, pour les droits des LGBT.

Il me semble normal de dire que moi aussi, j’aimerai me marier avec la femme que j’aimerai, et que je fais tout pour qu’un jour ça arrive. Et même si je ne voulais pas, je trouve que c’est la moindre des choses. Il me semble raisonnable d’être pour nos droits et de lutter pour. Il n’y a rien à dire là dessus. C’est comme d’être agriculteur bio et ne pas être écolo, c’est une question de logique générale.

 

Maintenant, si vous le voulez bien, parlons du «trop». Trop militante, ça veut dire quoi ? 

 

Que je vous emmerde à parler tout le temps des gays ? 

Excusez-moi d’être homosexuelle,  d’avoir des exEs, de lire de temps en temps des bouquins qui, une fois n’est pas coutume, parlent de filles entre elles. Excusez-moi de me préoccuper du sort d’un iranien qui sera pendu juste parce qu’il est...comme moi. Excusez-moi de me scandaliser de la barbarie et de la violation des droits humains.

 

Je viendrai vous dire la même chose, les hétéros de la salle, quand vous viendrez me spammer avec les photos de votre bébé toutes les semaines (alors que c’est tellement difficile pour moi seulement d’adopter), pour me montrer «comment il a grandi», quand vous vous marierez, si ça vous arrive, et que je regarderai de loin la cérémonie, en tenant la main d’une fille avec qui je ne pourrai pas m’unir. Excusez-moi de naître dans un monde qui est globalement hétérosexuel, et d’essayer de dire autre chose. 

Je suis désolée, je parle de ce que je vis. 50% au moins des discussions entre filles (je suis très optimiste sur notre pruderie, là) portent sur le sexe. Désolée de ne pas être transportée de joie quand je vois un kiki. Si j’étais hétéro, ah oui, je serai moins chiante. 

Mais je ne vois pas pourquoi je vais me taire. Ce serait hypocrite, non ?

 

Un otaku parle tout le temps de manga, à en saoûler ses amis. Et lui ? Ce n’est pas pareil ?

 

Et puis, je tiens à rappeler que me demander de changer de sujet, ce n’est pas impossible. Mon père le fait : je parle immédiatement d’autre chose. On appelle ça la franchise. Ce n’est pas très difficile. C’est comme me demander de parler moins vite.

D’autant plus que je suis assez respectueuse des gens pour ne pas entamer les sujets qui fâchent tout le temps. 

 

Peut-être que c’est parce que mon emploi du temps est rempli de réunions, de permanences, de conférences de rédaction, de colloques...

Je voudrai rappeler aux LGBT de la salle que je ne serai pas aussi hyperactive si tous les LGBT étaient militants. On aurait moins de travail par tête. Quand il n’y a que deux personnes motivées pour un dossier de subventions, hé ben il n’y en a que deux, elles vont se taper une moitié chacun du boulot.

Si je pouvais déléguer, je le ferais, croyez moi. Moi aussi, ça m’énerve, les nuits entières à relire les bilans. Mais on appelle ça prendre ses responsabilités.

 

D’autre part, je tiens à signaler à ceux qui me croisent au local qu’ils me voient dans un contexte particulier : le local de mon assoce. Il est ouvert deux jours par semaine. J’en profite donc pour descendre au secrétariat, parler de vive voix avec le président, relever la distribution de la Magazette, relancer de vive voix des auteurs... Vous pensez réellement que je suis comme ça les cinq autre jours de la semaine ? Hum.

Au Celsa, j’ai posé une affiche et quelques flyers pour l’anniversaire de l’assoce. Oh god. Terrible.

 

Les gens ont la fâcheuse habitude de penser par cases. Ils repérent une tendance, ils vous mettent dans la case appropriée, c’est pratique. Mais heureusement, nous ne sommes pas monomaniaques. Les seuls monomaniaques, c’est les personnages de Molière, qui ne sont QUE médécins, avares, ou amoureux.

Dans la vraie vie, on est plusieurs choses à la fois, et c’est ça qu’est génial : je suis aussi lesbienne que je suis littéraire par exemple. Je peux aussi vous faire chier avec Platon (héhé, j’essaierai pour voir : j’attends les médisances «elle est trop philosophe) !

Je sais que plein de gens qui me lisent ici savent ce qu’il en est. Je peux passer une soirée à parler code si je veux. Les gens ne sont pas des disques rayés, il suffit juste de prendre la peine de les découvrir.

 

En toute logique, je crois que la remarque «trop militante» est en fait irrecevable : pour décider de ce trop, il faudrait avoir une réelle appréciation des proportions. Et à côté de la foule de choses qu’il y a dans ma tête et sur mon bureau, croyez moi, ce n’est pas trop.

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 04:15

Hier, grand jour à marquer d'une pierre blanche, j'ai acheté mon premier gode chez Dollhouse.
Ne riez pas, je vous vois pouffer derrière votre écran. Non mais oh, z'avez pas honte. Silence, toi, au fond.

Donc, j'ai passé ce cap très important de la vie de toute lesbienne. Ça peut paraître anodin, mais pas du tout, c'est énorme. C'est un peu comme l'achat de sa première capote pour la midinette de 14 ans. C'est...attention je suis grande maintenant, je pense très sérieusement à mon désir.
Non seulement je le matérialise dans un jouet, mais en plus, le fait de l'acheter signifie que j'aime assez le sexe pour avoir envie de dépenser de l'argent pour ça.
Enfin aimer le sexe. Il y a aimer le sexe et aimer le sexe, hein. Disons que je vois ça plutôt du point de vue du développement personnel : c'est une manière de décomplexer son rapport au sexe, qui fait beaucoup de bien et fait partie de la vie. C'est un rapport adulte au sexe, on va dire.

Et puis surtout, et c'est là où je veux en venir, ce gode, je l'ai choisi, bordel.  J'ai pris le temps de lui tourner autour, de le manipuler (d'ailleurs MERCI aux filles de Dollhouse de nous laisser les tripoter, ça démystifie beaucoup l'objet), je l'aime bien, sa forme, sa couleur, il ne me fait pas peur du tout, c'est un vrai compagnon de jeu. Il ne ressemble pas à une grosse bite toute sexuelle, là, je suis lesbienne quand même. Il est super design (tellement que je pourrai le poser dans ma bibliothèque sans qu'on s'en doute) !
Je sais qu'une fois sous la couette, tout ira bien, comme j'aurais pris le temps de m'approprier l'objet, il pourra faire une partie de moi, et donner du plaisir à une demoiselle avec sera bien plus facile...et vice versa : si la demoiselle veut s'en servir avec moi, pas de panique : je ne prendrai pas peur à la vue d'un objet étranger, il me sera déjà familier. D'où l'importance de l'avoir choisi et bien choisi, on sait ce qui nous fait du bien.

Je vous dis tout ça, parce que c'est pas le premier sextoy que j'ai entre les mains.
On m'avait offert deux vibros il y a quelques temps, que j'ai déballés, puis...remballés avec précipitation. Pas du tout de mon goût. Leur forme ne me plaisait pas, la matière, la couleur, non plus. Ça ressemblait à une grosse bite rose fluo. Beurk.
Cette histoire m'avait beaucoup inhibée au niveau des sextoys. Comme première expérience, ç'avait été brutal, du coup, j'avais une très mauvaise image du sexe outillé.

J'en viens à penser, maintenant que j'ai mon gode à moi, qu'en fait c'est un objet très intime. C'est très délicat d'en offrir à quelqu'un. On ne sait pas toujours tout de ses envies, ses désirs, ses goûts, ses choix. Offrir à la jeune gouinette que je suis (d'autant plus que ne n'avais pas l'expérience sexuelle que j'ai aujourd'hui) une bite rose fluo, c'est...une faute de goût monumentale.
Vaut mieux y aller avec la personne concernée, la laisser choisir, plutôt qu'elle se retrouve avec sur les bras des jouets qu'elle n'utilisera jamais et qui sont très gênants, que l'on cache. C'est de l'argent perdu.

Je crois que le traumatisme est bien passé : je vous parle, je vous parle, mais j'ai hâte de l'essayer, le mien, du coup.

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 03:17

Ne niez pas.

Vous aussi, vous avez été au moins une fois confrontée à un GrosRelou.

Sisi.

 

Le GrosRelou, c’est l’être humain, de sexe masculin, qui vient généralement se suspendre à vos basques (pour une durée plus ou moins longue) pour essayer l’impossible : vous convertir, vous, gentilles lesbiennes qui n’avez rien demandé à personne, à l’amour du mâââââle.

Le truc, c’est qu’ils ne sont pas les premiers et ne seront pas (malheureusement) les derniers à essayer, sans que cela change quoi que ce soit à votre déviance sexuelle. Petite typologie de cette espèce qu’on espère en voie de disparition.

 

1- Le GrosRelou grosseschevilles

Lieu de rencontre : soirées, boîtes «hétéro», bars

Apparence : T-shirt à la mode, cheveux courts, en pics, jean à 150 €, verre à la main.

Technique d’approche : Il te drague, tu lui dis poliment que tu n’es pas intéressée, que tu préfères les filles. Il te dit que t’as jamais essayé et que c’est pour ça que tu aimes les femmes. Si tu as effectivement essayé, mais pas aimé, il va te répondre que tu ne l’as jamais connu, lui.

Sa phrase fétiche : «Non mais tu verras, si tu découvres les hommes avec moi, tu pourras plus t’en passer».

La solution : Lui expliquer que vous avez lu dans un article très sérieux que les hommes prétendent toujours être meilleurs au lit qu’ils ne sont. 

Lui avouer que ta mère avait le SIDA, donc toi aussi \o/

 

2 - Le GrosRelou déséspéré

Lieu de rencontre : Bars

Apparence : Il peut se cacher derrière n’importe quel gentil rocker avec sa bière à la main.

Technique d’approche : «Alors, t’es vraiment lesbienne ?» -oui- «Mais tu penses pas que tu vas changer ?» -Ben...non, je suis bien comme ça- «Mais pourquoi ?» -C'est comme ça, les mecs ne me font rien !- «Et si je te fais un câlin, ça ne te fait rien ?» -Non, rien-  etc. Il va te tanner toute la soirée pour chercher la faille dans ta lesbienitude.

Il finit par se jeter à tes pieds en te priant de lui faire un câlin.

Sa phrase fétiche : «Non mais tu peux pas être lesbienne, que vais-je devenir, moi ?"

La solution : Avoir un bon pote qui te défait de son étreinte.

Lui donner une bonne douche froide, il est manifestement bourré.

 

3 - Le GrosRelou sourd

Lieu de rencontre : un peu partout

Apparence : Il peut être ton voisin, quelqu’un dans ta rue, dans un bar....il est donc multiforme.

Technique d’approche : Tu peux lui répéter sur tous les tons que tu es L.E.S.B.I.E.N.N.E., ils n’y croient pas, pensent que les lesbiennes «ça n’existe pas», et continuent à te demander ton numéro 

Sa phrase fétiche : «Non mais c’est pas possible»

La solution : Lui donner un faux numéro.

 

4 - Le GrosRelou sexuel

Lieu de rencontre : soirées, boîtes «hétéro», bars

Apparence : C’est souvent le même que le GrosRelou grosseschevilles

Technique d’approche : Il te drague, tu lui expliques tes penchants. Il te propose un plan à trois, tu es évidemment ravie.

Sa phrase fétiche : «Tu voudrais bien coucher avec moi et ma copine ?»

La solution : lui demander si un plan à trois avec un autre homme, ça lui plairait, à lui. 

 

5 - Le GrosRelou detonquartier

Lieu de rencontre : la rue.

Apparence : Lascar, portable allumé avec un truc qui grésille (je crois que c’est de la musique)

Technique d’approche : T’interpeller sur ton chemin pour que tu te retournes. Genre j’attire-ton-attention-alors-que-t’es-pressée-de-rentrer-chez-toi.

Sa phrase fétiche : «Hé mademoiselle, t’es charmante !».

La solution : Si tu es fem, devenir butch. Les butches sont immunisées : elles écopent du tout aussi sympathique «Hé mec, t’as pas une clope?».

Changer d’itinéraire. 

 

Remarquez :

  • La plupart des GrosRelous ne croient pas l’argument «visuel» (celui où vous roulez un patin magistral à votre petite amie), ils bandent. Dangereux.
  • Leur logique est un peu biaisée : «Tu es lesbienne DONC tu vas coucher avec moi, le mââââle». Hum. Jusqu’à preuve du contraire, la lesbienitude entraîne l’absence des mâles dans nos lits. Le dictionnaire existe, les garçons : lesbienne = fille qui aime VRAIMENT les filles, pas ces greluches des films de cul qui s’excitent en couinant.
  • Des fois, deux espèces peuvent se retrouver dans le même individu, ça devient corsé : un GrosRelou grossechevilles ET detonquartier, un GrosRelou sexuel ET sourd...

 

Vous pouvez toujours éclater de rire en les voyant arriver avec leurs gros sabots, et leur parler moto.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 10:29

 

Il y a des périodes qu’on occulte.

 

Quand j’étais plus jeune, je ne voyais pas les garçons. On me les désignait dans la cour de récréation, on me les présentait. J’essayais avec eux, je projetais mon corps lourd et douloureux contre eux, je les laissais me prendre les poignets, me dire des choses insensées. Je regardais ailleurs. 

J’étais toujours un pas de côté dans le ballet.

Je réfléchissais beaucoup avant de les trouver désirables. Je finissais par fermer les yeux sur leur odeur, leurs mains gauches, leurs mentons qui piquaient, râpaient.

Tout était incroyablement factice. 

Mais je continuais à danser. Je m’imaginais que j’étais dans la danse. Je les déréalisais pour me faire croire que je dansais. Je ne m’attachais pas à eux, mais à leur image.

 

J’ai des souvenirs nauséeux de ces jours où l’orage couvait sous ma peau.

Dix centimètres de distance, d’un nez à l’autre. Non. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais jamais. Je fuyais lâchement à la dernière seconde.

Je me croyais folle, ou malade.

 

A défaut de savoir me laisser apprivoiser, je suis devenue sauvage. Furieuse et insaisissable. Je leur fuyais entre les mains.

Comme leur désir était toujours le même, les pas de danse ne changeaient pas. Je dansais pour me prouver que je pouvais les avoir dans mes filets, comme les autres. 

Mais je n’étais pas comme les autres. Eux, ils ne pouvaient pas m’avoir.

 

J’ai fini par comprendre que ma folie avait un nom : les femmes. Que je n’étais pas faite pour ce tango-là. Que je pouvais trembler, que je pouvais sourire, que je pouvais passer ces foutus dix centimètres. J’ai compris, et tout s’est éclairé.

 

C’est une période qu’on enfouit, après l’avoir vécue, dans des cartons destinés à la poussière qui s’accumule. Ces cartons qu’on retrouve avec émerveillement vingt ans après. On tourne une page, on devient quelqu’un d’autre.

On s’adapte, on réapprend la nouvelle danse. 

Tout est à refaire, mais je souris plus souvent.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 12:32

Hier, je suis passée au commissariat.
Pas parce que j’avais fait quelque chose de mal, parce que je devais porter plainte.
J’ai porté plainte au nom du MAG. Pour vandalisme.

Pour vandalisme.
C’est moi qui ai constaté les dégâts mercredi. Je revenais du ciné où j’avais vu un film génial, il faisait beau, j’étais de bonne humeur.
J’ai vite déchanté : la vitrine de gauche, celle où était la banderole qui présentait l’association était brisée.
Mais quand je dis brisée, bien éclatée. Un trou béant. Et la banderole arrachée en boule en bas de la vitrine.
Colère.

C’est le deuxième impact dans la vitrine en trois jours. On avait scotché un petit impact qui avait été fait samedi après la Marche des Fiertés. Là, dimanche, ils ont récidivé. Bientôt, il ne restera plus beaucoup de choses à casser.

Je pensais pas que ça me ferait ça, mais quand j’ai vu le local comme ça, j’ai eu un haut le coeur, un accès de colère. Ce local, c’est un peu ma seconde maison. J’ai repeint ces murs, dormi dans ces canapés, rencontré mes meilleurs amis gays ici, dragué, souffert, fini mon questionnement. Comme beaucoup de Maggueurs, il y a un peu de mon histoire dans ce local. Eclater la vitrine, c’est comme me foutre une claque.
J’ai vociféré, tapé du pied.
Evidemment, ça ne sert pas à grand chose. J’ai appelé mon président en urgence. Il est passé dans la soirée.

Comment peut-on être aussi crétin ? Je suis atterrée par l’étendue de la connerie humaine. Un geste de haine gratuite comme ça, c’est digne d’un QI de crevette. Ou alors c’est insultant. C’est même pas un vol, ça n’a pas de gueule, c’est juste pour faire chier. Ah ça pour faire chier, ça fait chier.
Bande de Crétins des Alpes.

Soulagement : au commissariat, la policière est lesbienne, est convaincue que c’est de l’homophobie, me parle du reportage sur France 4. Ça fait plaisir.
Les voisins, aussi, ça fait chaud au coeur : on a dû casser toute la vitrine, pour éviter que les jeunes se blessent. Certains se sont arrêtés, pour nous dire «Courage», pour nous donner des précisions («Ça a du se passer dimanche, je suis passé devant lundi, c’était comme ça». Ou mieux «Un acte de haine gratuite contre une association qui lutte pour l’égalité de tous, c’est rageant». Merci à eux !

Il y a des jours où on sait pourquoi on se bat.

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 00:29

Pas remise.
J’avoue. Ce n’est que ma deuxième. Je suis encore dans l’ingénuité de la petite gouinette qui fait ses premiers pas dans le milieu. Mais même. Cette Marche des Fiertés était hors du commun.
Nous sommes mercredi soir et je ne suis toujours pas remise : courbatures, voix un peu brisée, fatigue. On aurait dit que j’étais partie en voyage puis revenue avec un gros jetlag. Jamais un événement ne m’avait fait cet effet.

La Marche des Fiertés c’est un tout. Une expérience globale que j’ai envie de vous livrer ainsi. Je ne dis pas que je vais y arriver, mais je vais essayer.

Longue préparation -mais ça vaut le coup

Cela faisait au moins un mois que je préparais l’événement au local de l’association. J’étais un peu sur les rotules quand on a monté le char. J’ai eu beau me reposer la veille, cela n’a pas suffit. Beau départ.
J’avais préparé soigneusement ma tenue, néanmoins : t-shirt du MAG noir pour fêter nos 25 ans, petite jupette noire, grandes chaussettes montantes Rainbow et......des ailes de fée et une baguette magique. Ça donne ça.

La fatigue déjà accumulée n’a pas empêché l’activiste que je suis de me lever aux aurores pour aller sur le site de la Marche à 10h aider à la préparation du char. S’est enchaînée une journée où se sont mêlés militantisme et fête comme jamais. Même dans les moments les plus engagés, je célébrais, j’étais heureuse; et dans les moments les plus joyeux, je revendiquais au plus profond.
Je savais pourquoi j’étais là. J’étais dans mon exact élément, je respirais.

J’ai porté le Rainbow Flag à l’avant du char. J’imagine qu’on reconnaît les gouines militantes au pincement au coeur que ça leur fait de voir le Flag flotter au dessus de leurs têtes. Moi c’est ce que ça m’a fait. J’étais fière, dans tous les sens du terme. Je me sentais forte, le Rainbow Flag à la main. Je l’ai quitté avec regret pour filer à l’octroi.

Chaleur de plomb, activisme et photographes
Sous la chaleur accablante, le cou lacéré par la lanière de la grande tirelire-poubelle, hurlant à tout va «DONNEZ POUR LA MAAAAARCHE !», elle se tenait là depuis maintenant deux heures...
Euh...trop romancé et trop dramatique. C’était un peu comme ça, mais en mieux, en plus «humain», en plus drôle, en plus...dans la joie de militer. A la base, l’octroi c’est LE truc relou de la Marche, qui t’empêche d’être sur le char et de danser, qui te fait prendre LE coup de soleil de camionneuse que tu vas regretter tout ton été...mais là, c’était presque ludique. On se prend au jeu de faire les yeux doux aux petits pédés pète-sec (il y en a !) qui réajustent leur sac Louis Vuitton en disant que non, ils n’ont rien à donner pour la Marche de l’année prochaine, à remercier la petite fille de dix ans qui va fièrement déposer 2 euros dans ta poubelle...On finit par attraper la technique pour vider la poubelle dans les bacs où on récolte l’argent, on salue tous les chars qui passent en leur faisant de grands signes, on respecte bien sur la minute de silence...
C’est crevant, mais ça passe tout seul.

Mais l’ambiance générale, mes enfants, l’ambiance !

Le peu que j’ai vu sur notre char était impressionnant : le camion tanguait tellement que mon alter-ego Alex en avait des frissons ! On aurait dit qu’un couple de géants faisait l’amour dans le camion...(si, si !) Et tout autour, la liesse...vue de mon mètre soixante à peine, ce n’est pas la même chose que vue d’un char...c’est plus impressionnant.

Je tiens à adresser mes courtoises excuses à tous les photographes que j’ai bousculés, tempêtant parce qu’ils faisaient ralentir notre char qui avait déjà du retard (ce qui est vrai). Faut qu’on s’explique : c’est pas que j’aime pas les médias (je bosse dedans et avec eux) mais je préférerais qu’ils prennent des images moins.....caricaturales que les drag-queens qu’il y avait derrière moi. Il y avait plein de jolis clichés à faire pendant la Marche, comme ce petit gamin accompagné de sa grand mère qui agitait le Rainbow Flag pour saluer le cortège...Du coup je les poussais un peu, mais c’est pas méchant, c’est un parti-pris de communication.
Et puis je pouvais plus agiter mon graaand Rainbow Flag, de peur de faire mal aux appareils photos à 700 €.

After gouin, after BIEN

Ouais. J’étais un peu déchirée, là, mais je suis quand même partie en soirée. A peine eu le temps d’avaler une pasta box (pi-men-tée !), d’enlever mes ailes et de déposer ma baguette magique, et me voilà repartie pour le Comptoir de Madame Tomate, où officie le DJ de notre char.

Un petit mojito, une déclaration bouleversante, un câlin à mes pédés d’amûr, l’annonce d’être passée sur plein de chaînes de télé, et c’est reparti pour une immense soirée goudou -FIERES !.
Et là, le pied. Mais le pied. Pour faire court, simple et droit au but : un mix SUPER (merci, merci, aux DJettes !), des filles, des filles, des animations culturelles (projections de films...), plein d’amis retrouvés, danser jusqu’à 6h du mat, retourner chez soi vidée, mais vidée. J’avais déversé toute mon énergie dans la fête, ce qui ne m’est rarement arrivé.  Et des filles. Wah.
Fin de la journée : 6h du mat. Beau score, non ?

Voilà ! En fait c’est quand même chronologique. Mais c’est pas grave.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 17:38

Demain on marche.
Enfin, au MAG, on sera motorisés. Du moins pour ceux qui seront sur le Char !
Moi, je serai tout autour, à courir, à bénir les gens avec ma baguette magique pleine de paillettes. Je prépare des banderoles pour le Char depuis deux semaines (et je remercie ici les bénévoles qui m’ont aidée, qui ont fait un boulot génial et dont la motivation n’a jamais failli !) et mon déguisement depuis une semaine.
Ce n’est un secret pour personne, samedi, c’est la Marche des Fiertés.

 

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Comment ça, c’est pas la Gay Pride ?
Nëh. Depuis une dizaine d’années, nous ne défilons pas, à Paris, sous la marque Lesbian & Gay Pride. Nous sommes chapeautés par un organisme militant, l’inter-LGBT, qui organise cette Marche dont elle a voulu montrer le caractère revendicatif par ce nom : Marche des Fiertés.


Marche, pourquoi pas Parade ? C’est le deuxième sens de «Pride» et ce serait plus juste, non ?

Marche est plus riche. Et la Marche des Fiertés est un peu plus qu’une simple parade. C’est un événement militant où un mot d’ordre est donné, avec des slogans, des attentes politiques. Nous demandons des droits. Toujours les mêmes, ben oui, puisqu’on n’arrive pas à les obtenir. Tout est dans le nom : Marcher, comme tous les autres mouvements militants qui marchent pour montrer leur mécontentement. Ce verbe est important : marcher, c’est aller de l’avant, c’est faire preuve dans l’espace de la ville que nous existons. C’est un verbe emprunt d’histoire : n’oubliez pas notre bonne vieille Marseillaise «marchons, marchons».

Pourquoi être «fier», à quoi ça sert ? Moi je ne revendique pas haut et fort mon hétérosexualité ?

Etre Gay, Lesbienne, Bi, ou Trans en France, ce n’est pas toujours facile. Beaucoup de gens sont là pour tenter de nous faire culpabiliser, pour nous faire croire que nous sommes malades. Mais nous n’avons pas honte. Nous sommes là pour le prouver. Il ne faut pas prendre le concept de «fierté LGBT» comme un orgueil, mais plutôt comme ceci : nous n’avons pas honte. Nous ne sommes pas des sous-hommes ou des citoyens de seconde zone. Nous nous aimons et c’est tout aussi beau qu’un homme et une femme qui s’aiment.
Et puis, nous avons tellement galéré pour : 1) nous rendre à l’évidence que nous en étions, 2) vivre avec au sein d’un entourage pas forcément open à tout cela, 3) vivre avec au sein d’une société qui a tendance à vouloir faire sans nous, qu’une fois que notre identité a été posé, gagnée au feu des baïonnettes, on l’hurle un peu, histoire de montrer un peu comme c’est pas simple du tout. Et pour la victoire d’avoir passé toutes ces barrières.

Evénement militant alors ? Et le festif ?

C’est les deux, et c’est pour ça que c’est intéressant. Il ne faut pas, à mon sens, monter l’un contre l’autre les deux aspects de la Marche, parce que c’est là le travers que beaucoup de médias prennent. La Marche est un événement militant, mais il signifie plusieurs choses, que j’ai essayé d’expliquer plus haut. Il a notamment une valeur qui remonte à une très vieille tradition : celle des carnavals.
Qu’est-ce qu’un carnaval ? C’est un événement où le modèle social est inversé : les gueux se parent des plus belles tenues les plus brillantes, et sont mis sur le devant de la scène pour une fois. C’est cela qui leur permet de supporter les brimades quotidiennes toutes l’année. La Marche c’est exactement ça. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait de se retrouver sur un char à gueuler, c’est....on a le sentiment à la fois d’être très puissant et d’être très petit parce qu’on voit tous ces gens autour de nous qui dansent et chantent avec nous. C’est vraiment un événement qui nous fait tenir, nous qu’on frappe encore même dans les rues de la capitale, qui n’avons pas les mêmes droits que les autres, toute l’année.

Demain, on marche, et c’est plein de sens.

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 23:37

Je vous avais dit que mon pédé il est génial ? Non ?
Là il vient de m’offrir LE cadeau gouin, qui est tellement bien qu’il faut que je vous le montre !

...

(ça c’est l’instant de suspens)

...

Une couverture Carlsberg !

Ouais.

Non mais comme ça ça a l’air pourri, mais en fait c’est génial. Enfin, pour une gouine, c’est génial. Sisi.
La preuve :

Ça porte le logo d’une marque de bonne bière. Les gouines aiment la bière.
C’est pratique. C’est utile. Les gouines aiment bien les trucs utiles.
C’est doux et chaud. Vous penserez tout de suite à l’analogie sexuelle derrière cette remarque, je ne veux rien vous dévoiler :p
On peut l’emporter en camping. Pour les gouines Quechua, c’est primordial, les cadeaux-à-emmener-partout-où-on-voyages. Bon je ne suis pas gouine Quechua, mais au cas où ça me prendrait, comme ça, d’aller camper en Ardèche avec ma copine. On n’est jamais trop prudent.
C’est parfait les soirs où il fait un peu frisquette sur la terrasse, même l’été, quand on a son verre de bière -justement- à la main.

Et je suis sûre que je vais trouver plein d’autres bonnes raisons d’estampiller ce cadeau.

En attendant, tiens, je vais roupiller un peu.

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  • Ben voilà. Ça c'est moi. Une gouinette hyperactive, qui fait plein plein plein de choses en même temps. Une fille qui ne se repose que pour se foutre sur internet et écrire ce foutu blog !
http://twitter.com/quota_atypique
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