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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:13

Sauvons Yagg !

 

Cela faisait quelques mois que ce blog existait de manière couplé avec le blog que je tiens sur Yagg. 

Avec les difficultés que rencontre le média susnommé ces derniers temps, le moment est arrivé, je crois, d'effectuer totalement la transition.

Par solidarité avec ce média, je préfère amener des lecteurs via mon blog sur Yagg que sur Over-Blog. Et je pense que vous y gagnerez aussi. Je crois beaucoup, beaucoup à ce média.

 

L'aventure continue sur : http://tornbluejeans.yagg.com/

 

Merci.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 11:38

Je n’ai jamais été commère. L’avis des gens sur ma personne me fatigue, et dire du mal des autres me fatigue encore plus, sauf si c’est vraiment des gens mauvais -et dans ce cas je protège mes amis.

Sauf que là, il y a des choses à recadrer. 
 

 

On dit que je suis trop militante. Bon déjà merci aux trois pélerins qui ont eu l’intelligence de me faire la remarque en face (je pense à des camarades d’amphis qui se reconnaîtront, notamment). Au moins je peux en parler avec eux. 

Comment voulez-vous que change quoi que ce soit si personne ne vient me le dire ? Hein ?

 

Tout d’abord, j’aimerais bien qu’on définisse ensemble ce que c’est d’être militant LGBT.

Etre militant, pour une personne LGBT vivant dans la société dans laquelle nous sommes, pour moi c’est en tout premier lieu (et très simplement) exister. Notre existence elle-même dérange. Donc nous la revendiquons en permanence. Se tenir la main dans la rue est un acte militant. Parce qu’il y a toujours ce risque -réel- du coup de bâton.

 

Et que dire des quelques signes discrets qu’on laisse sur nous pour que le potentiel autre «déviant» nous reconnaisse, pour ainsi faire connaissance et, qui sait, peut-être plus ? N’est-ce pas de revendiquer son homosexualité, messieurs, que de porter vos petits jeans serrés, vos petits tee-shirts, votre grand sac ? Je reconnais la plupart des gays...à leur tenue vestimentaire, faut l’faire. Et les filles ? N’est-ce pas revendiquer son homosexualité que de décider de porter la mèche ? De refuser, pour certaines, le port de la jupe ?

 

Donc de ce point de vue, nous sommes tous militants. Même toi là bas.

 

Au delà de cela, être militant LGBT, j’imagine que pour la plupart des gens, il s’agit d’être militant dans une association, pour les droits des LGBT.

Il me semble normal de dire que moi aussi, j’aimerai me marier avec la femme que j’aimerai, et que je fais tout pour qu’un jour ça arrive. Et même si je ne voulais pas, je trouve que c’est la moindre des choses. Il me semble raisonnable d’être pour nos droits et de lutter pour. Il n’y a rien à dire là dessus. C’est comme d’être agriculteur bio et ne pas être écolo, c’est une question de logique générale.

 

Maintenant, si vous le voulez bien, parlons du «trop». Trop militante, ça veut dire quoi ? 

 

Que je vous emmerde à parler tout le temps des gays ? 

Excusez-moi d’être homosexuelle,  d’avoir des exEs, de lire de temps en temps des bouquins qui, une fois n’est pas coutume, parlent de filles entre elles. Excusez-moi de me préoccuper du sort d’un iranien qui sera pendu juste parce qu’il est...comme moi. Excusez-moi de me scandaliser de la barbarie et de la violation des droits humains.

 

Je viendrai vous dire la même chose, les hétéros de la salle, quand vous viendrez me spammer avec les photos de votre bébé toutes les semaines (alors que c’est tellement difficile pour moi seulement d’adopter), pour me montrer «comment il a grandi», quand vous vous marierez, si ça vous arrive, et que je regarderai de loin la cérémonie, en tenant la main d’une fille avec qui je ne pourrai pas m’unir. Excusez-moi de naître dans un monde qui est globalement hétérosexuel, et d’essayer de dire autre chose. 

Je suis désolée, je parle de ce que je vis. 50% au moins des discussions entre filles (je suis très optimiste sur notre pruderie, là) portent sur le sexe. Désolée de ne pas être transportée de joie quand je vois un kiki. Si j’étais hétéro, ah oui, je serai moins chiante. 

Mais je ne vois pas pourquoi je vais me taire. Ce serait hypocrite, non ?

 

Un otaku parle tout le temps de manga, à en saoûler ses amis. Et lui ? Ce n’est pas pareil ?

 

Et puis, je tiens à rappeler que me demander de changer de sujet, ce n’est pas impossible. Mon père le fait : je parle immédiatement d’autre chose. On appelle ça la franchise. Ce n’est pas très difficile. C’est comme me demander de parler moins vite.

D’autant plus que je suis assez respectueuse des gens pour ne pas entamer les sujets qui fâchent tout le temps. 

 

Peut-être que c’est parce que mon emploi du temps est rempli de réunions, de permanences, de conférences de rédaction, de colloques...

Je voudrai rappeler aux LGBT de la salle que je ne serai pas aussi hyperactive si tous les LGBT étaient militants. On aurait moins de travail par tête. Quand il n’y a que deux personnes motivées pour un dossier de subventions, hé ben il n’y en a que deux, elles vont se taper une moitié chacun du boulot.

Si je pouvais déléguer, je le ferais, croyez moi. Moi aussi, ça m’énerve, les nuits entières à relire les bilans. Mais on appelle ça prendre ses responsabilités.

 

D’autre part, je tiens à signaler à ceux qui me croisent au local qu’ils me voient dans un contexte particulier : le local de mon assoce. Il est ouvert deux jours par semaine. J’en profite donc pour descendre au secrétariat, parler de vive voix avec le président, relever la distribution de la Magazette, relancer de vive voix des auteurs... Vous pensez réellement que je suis comme ça les cinq autre jours de la semaine ? Hum.

Au Celsa, j’ai posé une affiche et quelques flyers pour l’anniversaire de l’assoce. Oh god. Terrible.

 

Les gens ont la fâcheuse habitude de penser par cases. Ils repérent une tendance, ils vous mettent dans la case appropriée, c’est pratique. Mais heureusement, nous ne sommes pas monomaniaques. Les seuls monomaniaques, c’est les personnages de Molière, qui ne sont QUE médécins, avares, ou amoureux.

Dans la vraie vie, on est plusieurs choses à la fois, et c’est ça qu’est génial : je suis aussi lesbienne que je suis littéraire par exemple. Je peux aussi vous faire chier avec Platon (héhé, j’essaierai pour voir : j’attends les médisances «elle est trop philosophe) !

Je sais que plein de gens qui me lisent ici savent ce qu’il en est. Je peux passer une soirée à parler code si je veux. Les gens ne sont pas des disques rayés, il suffit juste de prendre la peine de les découvrir.

 

En toute logique, je crois que la remarque «trop militante» est en fait irrecevable : pour décider de ce trop, il faudrait avoir une réelle appréciation des proportions. Et à côté de la foule de choses qu’il y a dans ma tête et sur mon bureau, croyez moi, ce n’est pas trop.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 12:32

Hier, je suis passée au commissariat.
Pas parce que j’avais fait quelque chose de mal, parce que je devais porter plainte.
J’ai porté plainte au nom du MAG. Pour vandalisme.

Pour vandalisme.
C’est moi qui ai constaté les dégâts mercredi. Je revenais du ciné où j’avais vu un film génial, il faisait beau, j’étais de bonne humeur.
J’ai vite déchanté : la vitrine de gauche, celle où était la banderole qui présentait l’association était brisée.
Mais quand je dis brisée, bien éclatée. Un trou béant. Et la banderole arrachée en boule en bas de la vitrine.
Colère.

C’est le deuxième impact dans la vitrine en trois jours. On avait scotché un petit impact qui avait été fait samedi après la Marche des Fiertés. Là, dimanche, ils ont récidivé. Bientôt, il ne restera plus beaucoup de choses à casser.

Je pensais pas que ça me ferait ça, mais quand j’ai vu le local comme ça, j’ai eu un haut le coeur, un accès de colère. Ce local, c’est un peu ma seconde maison. J’ai repeint ces murs, dormi dans ces canapés, rencontré mes meilleurs amis gays ici, dragué, souffert, fini mon questionnement. Comme beaucoup de Maggueurs, il y a un peu de mon histoire dans ce local. Eclater la vitrine, c’est comme me foutre une claque.
J’ai vociféré, tapé du pied.
Evidemment, ça ne sert pas à grand chose. J’ai appelé mon président en urgence. Il est passé dans la soirée.

Comment peut-on être aussi crétin ? Je suis atterrée par l’étendue de la connerie humaine. Un geste de haine gratuite comme ça, c’est digne d’un QI de crevette. Ou alors c’est insultant. C’est même pas un vol, ça n’a pas de gueule, c’est juste pour faire chier. Ah ça pour faire chier, ça fait chier.
Bande de Crétins des Alpes.

Soulagement : au commissariat, la policière est lesbienne, est convaincue que c’est de l’homophobie, me parle du reportage sur France 4. Ça fait plaisir.
Les voisins, aussi, ça fait chaud au coeur : on a dû casser toute la vitrine, pour éviter que les jeunes se blessent. Certains se sont arrêtés, pour nous dire «Courage», pour nous donner des précisions («Ça a du se passer dimanche, je suis passé devant lundi, c’était comme ça». Ou mieux «Un acte de haine gratuite contre une association qui lutte pour l’égalité de tous, c’est rageant». Merci à eux !

Il y a des jours où on sait pourquoi on se bat.

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 00:29

Pas remise.
J’avoue. Ce n’est que ma deuxième. Je suis encore dans l’ingénuité de la petite gouinette qui fait ses premiers pas dans le milieu. Mais même. Cette Marche des Fiertés était hors du commun.
Nous sommes mercredi soir et je ne suis toujours pas remise : courbatures, voix un peu brisée, fatigue. On aurait dit que j’étais partie en voyage puis revenue avec un gros jetlag. Jamais un événement ne m’avait fait cet effet.

La Marche des Fiertés c’est un tout. Une expérience globale que j’ai envie de vous livrer ainsi. Je ne dis pas que je vais y arriver, mais je vais essayer.

Longue préparation -mais ça vaut le coup

Cela faisait au moins un mois que je préparais l’événement au local de l’association. J’étais un peu sur les rotules quand on a monté le char. J’ai eu beau me reposer la veille, cela n’a pas suffit. Beau départ.
J’avais préparé soigneusement ma tenue, néanmoins : t-shirt du MAG noir pour fêter nos 25 ans, petite jupette noire, grandes chaussettes montantes Rainbow et......des ailes de fée et une baguette magique. Ça donne ça.

La fatigue déjà accumulée n’a pas empêché l’activiste que je suis de me lever aux aurores pour aller sur le site de la Marche à 10h aider à la préparation du char. S’est enchaînée une journée où se sont mêlés militantisme et fête comme jamais. Même dans les moments les plus engagés, je célébrais, j’étais heureuse; et dans les moments les plus joyeux, je revendiquais au plus profond.
Je savais pourquoi j’étais là. J’étais dans mon exact élément, je respirais.

J’ai porté le Rainbow Flag à l’avant du char. J’imagine qu’on reconnaît les gouines militantes au pincement au coeur que ça leur fait de voir le Flag flotter au dessus de leurs têtes. Moi c’est ce que ça m’a fait. J’étais fière, dans tous les sens du terme. Je me sentais forte, le Rainbow Flag à la main. Je l’ai quitté avec regret pour filer à l’octroi.

Chaleur de plomb, activisme et photographes
Sous la chaleur accablante, le cou lacéré par la lanière de la grande tirelire-poubelle, hurlant à tout va «DONNEZ POUR LA MAAAAARCHE !», elle se tenait là depuis maintenant deux heures...
Euh...trop romancé et trop dramatique. C’était un peu comme ça, mais en mieux, en plus «humain», en plus drôle, en plus...dans la joie de militer. A la base, l’octroi c’est LE truc relou de la Marche, qui t’empêche d’être sur le char et de danser, qui te fait prendre LE coup de soleil de camionneuse que tu vas regretter tout ton été...mais là, c’était presque ludique. On se prend au jeu de faire les yeux doux aux petits pédés pète-sec (il y en a !) qui réajustent leur sac Louis Vuitton en disant que non, ils n’ont rien à donner pour la Marche de l’année prochaine, à remercier la petite fille de dix ans qui va fièrement déposer 2 euros dans ta poubelle...On finit par attraper la technique pour vider la poubelle dans les bacs où on récolte l’argent, on salue tous les chars qui passent en leur faisant de grands signes, on respecte bien sur la minute de silence...
C’est crevant, mais ça passe tout seul.

Mais l’ambiance générale, mes enfants, l’ambiance !

Le peu que j’ai vu sur notre char était impressionnant : le camion tanguait tellement que mon alter-ego Alex en avait des frissons ! On aurait dit qu’un couple de géants faisait l’amour dans le camion...(si, si !) Et tout autour, la liesse...vue de mon mètre soixante à peine, ce n’est pas la même chose que vue d’un char...c’est plus impressionnant.

Je tiens à adresser mes courtoises excuses à tous les photographes que j’ai bousculés, tempêtant parce qu’ils faisaient ralentir notre char qui avait déjà du retard (ce qui est vrai). Faut qu’on s’explique : c’est pas que j’aime pas les médias (je bosse dedans et avec eux) mais je préférerais qu’ils prennent des images moins.....caricaturales que les drag-queens qu’il y avait derrière moi. Il y avait plein de jolis clichés à faire pendant la Marche, comme ce petit gamin accompagné de sa grand mère qui agitait le Rainbow Flag pour saluer le cortège...Du coup je les poussais un peu, mais c’est pas méchant, c’est un parti-pris de communication.
Et puis je pouvais plus agiter mon graaand Rainbow Flag, de peur de faire mal aux appareils photos à 700 €.

After gouin, after BIEN

Ouais. J’étais un peu déchirée, là, mais je suis quand même partie en soirée. A peine eu le temps d’avaler une pasta box (pi-men-tée !), d’enlever mes ailes et de déposer ma baguette magique, et me voilà repartie pour le Comptoir de Madame Tomate, où officie le DJ de notre char.

Un petit mojito, une déclaration bouleversante, un câlin à mes pédés d’amûr, l’annonce d’être passée sur plein de chaînes de télé, et c’est reparti pour une immense soirée goudou -FIERES !.
Et là, le pied. Mais le pied. Pour faire court, simple et droit au but : un mix SUPER (merci, merci, aux DJettes !), des filles, des filles, des animations culturelles (projections de films...), plein d’amis retrouvés, danser jusqu’à 6h du mat, retourner chez soi vidée, mais vidée. J’avais déversé toute mon énergie dans la fête, ce qui ne m’est rarement arrivé.  Et des filles. Wah.
Fin de la journée : 6h du mat. Beau score, non ?

Voilà ! En fait c’est quand même chronologique. Mais c’est pas grave.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 17:38

Demain on marche.
Enfin, au MAG, on sera motorisés. Du moins pour ceux qui seront sur le Char !
Moi, je serai tout autour, à courir, à bénir les gens avec ma baguette magique pleine de paillettes. Je prépare des banderoles pour le Char depuis deux semaines (et je remercie ici les bénévoles qui m’ont aidée, qui ont fait un boulot génial et dont la motivation n’a jamais failli !) et mon déguisement depuis une semaine.
Ce n’est un secret pour personne, samedi, c’est la Marche des Fiertés.

 

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Comment ça, c’est pas la Gay Pride ?
Nëh. Depuis une dizaine d’années, nous ne défilons pas, à Paris, sous la marque Lesbian & Gay Pride. Nous sommes chapeautés par un organisme militant, l’inter-LGBT, qui organise cette Marche dont elle a voulu montrer le caractère revendicatif par ce nom : Marche des Fiertés.


Marche, pourquoi pas Parade ? C’est le deuxième sens de «Pride» et ce serait plus juste, non ?

Marche est plus riche. Et la Marche des Fiertés est un peu plus qu’une simple parade. C’est un événement militant où un mot d’ordre est donné, avec des slogans, des attentes politiques. Nous demandons des droits. Toujours les mêmes, ben oui, puisqu’on n’arrive pas à les obtenir. Tout est dans le nom : Marcher, comme tous les autres mouvements militants qui marchent pour montrer leur mécontentement. Ce verbe est important : marcher, c’est aller de l’avant, c’est faire preuve dans l’espace de la ville que nous existons. C’est un verbe emprunt d’histoire : n’oubliez pas notre bonne vieille Marseillaise «marchons, marchons».

Pourquoi être «fier», à quoi ça sert ? Moi je ne revendique pas haut et fort mon hétérosexualité ?

Etre Gay, Lesbienne, Bi, ou Trans en France, ce n’est pas toujours facile. Beaucoup de gens sont là pour tenter de nous faire culpabiliser, pour nous faire croire que nous sommes malades. Mais nous n’avons pas honte. Nous sommes là pour le prouver. Il ne faut pas prendre le concept de «fierté LGBT» comme un orgueil, mais plutôt comme ceci : nous n’avons pas honte. Nous ne sommes pas des sous-hommes ou des citoyens de seconde zone. Nous nous aimons et c’est tout aussi beau qu’un homme et une femme qui s’aiment.
Et puis, nous avons tellement galéré pour : 1) nous rendre à l’évidence que nous en étions, 2) vivre avec au sein d’un entourage pas forcément open à tout cela, 3) vivre avec au sein d’une société qui a tendance à vouloir faire sans nous, qu’une fois que notre identité a été posé, gagnée au feu des baïonnettes, on l’hurle un peu, histoire de montrer un peu comme c’est pas simple du tout. Et pour la victoire d’avoir passé toutes ces barrières.

Evénement militant alors ? Et le festif ?

C’est les deux, et c’est pour ça que c’est intéressant. Il ne faut pas, à mon sens, monter l’un contre l’autre les deux aspects de la Marche, parce que c’est là le travers que beaucoup de médias prennent. La Marche est un événement militant, mais il signifie plusieurs choses, que j’ai essayé d’expliquer plus haut. Il a notamment une valeur qui remonte à une très vieille tradition : celle des carnavals.
Qu’est-ce qu’un carnaval ? C’est un événement où le modèle social est inversé : les gueux se parent des plus belles tenues les plus brillantes, et sont mis sur le devant de la scène pour une fois. C’est cela qui leur permet de supporter les brimades quotidiennes toutes l’année. La Marche c’est exactement ça. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait de se retrouver sur un char à gueuler, c’est....on a le sentiment à la fois d’être très puissant et d’être très petit parce qu’on voit tous ces gens autour de nous qui dansent et chantent avec nous. C’est vraiment un événement qui nous fait tenir, nous qu’on frappe encore même dans les rues de la capitale, qui n’avons pas les mêmes droits que les autres, toute l’année.

Demain, on marche, et c’est plein de sens.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 13:53

Sur le quai du départ, je me débats avec l'envie -très solide- de l'embrasser, là, juste avant de monter dans le train.

Je n'ose pas. Je n'ose jamais.

Les femmes restent toujours tellement belles quand on les regarde de loin.

Et puis j'hésite, j'ai peur.

Un jour je mourrai de ne jamais avoir osé, d'avoir passé ma vie à manquer des coches, à rater des occasions.

Assise dans mon train, j'enrage.

 

Je boude. Douleur de ces instants où l'on sait que l'on est tellement idiot, quand on prie en silence pour que l'autre le soit moins que vous.

Et, quand, fatalement, rien ne bouge.

Ça reste suspendu dans la mémoire, à jamais inachevé, sauf cette parfaite frustration, fort nette, presque palpable, au fond du ventre...

Même s'il sont absurdes ces moments font partie de nos vies.

 

De ma colère à ma révolte, il n'y a qu'un pas.

A ma frustration se surimpose ce goût amer du : si j'avais osé ? Si j'avais embrassé cette fille ? Que se serait-il passé sur le quai? Aurait-on hurlé, regardé de travers, ricané, souri ? Aurions-nous eu la force d'affonter tous ces gens dont, au fond, nous redoutons la réaction ? Aurais-je assez la fièvre militante pour vivre ainsi en public ?

J'espère que oui.

 

Le problème est moins dans mon propre déficit de courage que dans l'amertume de ces pensées qui nous envahissent, toutes, nous les lesbiennes sur les quais des trains. Nous les lesbiennes de l'adieu.

Le problème est là,  dans ces instants intersticiels de nos vies qui sont déjà assez pénibles comme cela. Dans ces micros instants où rien n'arrive, mais où ne serait-ce que sa possibilité pose des difficultés.

Pourquoi ne pouvons-nous pas nous payer le luxe de penser que tout est possible ?

 

Pourquoi chaque instant de nos vies doit-il être forcément un combat ? Un simple baiser d'adieu ne devrait pas être aussi compliqué, aussi douloureux. Tout est à gagner, à chaque seconde. Pourquoi ?

 

Je suis une révolutionnaire du quotidien. Une de celles qui lève le poing pour que ces détails deviennent vraiment des détails. Des choses qu'on ne remarque plus.

Je crois que si je me bats aujourd'hui contre l'homophobie, c'est pour ces moments-là. Pour que chacun puisse vivre avec la pleine sensation d'avoir sa place.

Pour que l'on vive ensemble.

 

Parce que mon existence est une bataille, chaque baiser est une déclaration de guerre.

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 18:58

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash1/hs507.ash1/29953_123992364278128_100000020946277_333024_444612_n.jpg Hier soir, nous avons fêté en grande pompe l'anniversaire du MAG.

Je suis on ne peut plus fière de cette assoce dont je porte les couleurs depuis maintenant un an.


Une ambiance galvanisante

Cette soirée a été l'occasion de nous retrouver, entre anciens et nouveaux, avec nos amis, nos partenaires. Le bar débordait : depuis le trottoir d’en face, on pouvait voir un énorme attroupement dehors, devant le bar. En l’occurrence, c’était le groupe des gens qui fumaient, et profitaient de l’air frais !

Et quelle ambiance à l’intérieur ! L’on riait, dansait, chantait...le DJ était excellent, et la fête vraiment réussie. J’étais impressionnée.

Lorsque nous avons tous chanté, en choeur et à tue-tête : «Joyeux anniversaire, le MAG», au moment du gâteau, j’étais aux anges.
Tous ensemble, là, on était plus forts que jamais. On était nombreux. On était heureux. Tous différents, venant de milieux et de pays très hétéroclites. Le MAG a changé la vie de nombreux jeunes et continuera à le faire. la joie de vivre retrouvée de ces jeunes, c’est une bonne raison de continuer. C’est ça aussi qui nous rend forts car nous savons à quel point nous sommes nécessaire et à quel point l’on tient à nous et à notre action.
 Merci les copains, continuez à nous soutenir. Même si vous ne militez pas (ce que je déplore), au moins vos sourires nous encouragent et nous légitimisent. Et c’est important.

L'esprit d'équipe au rendez-vous

Nous avons pu donner l’image (et derrière ce vernis, je vous assure qu’il y a du solide !) d’une équipe soudée, dans la joie d’être et de travailler ensemble. Mes collaborateurs à l’association sont devenus de vrais amis, auxquels je suis attachée, que je vois souvent en dehors du contexte militant. Je pense que si notre association connaît un nouveau souffle et possède une aussi belle énergie, c’est aussi parce qu’elle est dirigée par des gens qui sont vraiment en osmose. Qui se complètent et sont performants, chacun à leur poste. Je ne dis pas ça pour nous lancer des fleurs, je le dis parce que je le pense. Lorsque le CA s’entend bien, tout roule, les personnes sont motivées, les projets avancent, les initiatives pleuvent. Et c’est une bonne chose que les gens s’en rendent compte.

Nous sommes partis pour 25 ans de plus d’un bon pied. Nous avons l’énergie suffisante pour accomplir encore plein de belles choses. Cette soirée l’a démontré. Le MAG, c’est ça, aussi. On parle souvent des jeunes en questionnement qui viennent au local trouver des réponses, des jeunes victimes d’homophobie qui viennent se réconforter chez nous, mais il y a aussi des jeunes qui sont heureux ET homosexuels et qui ne le cachent pas. Parmi eux, certains seront prêts à se battre pour conserver ce bonheur. Ils sont un reflet du MAG qu’on oublie souvent et que je suis contente de voir mis sous les projecteurs.

L'envie d'aller plus loin
Fêter ses vingt-cinq ans, comme l’a dit assez justement mon collègue du service communication, c’est l’occasion de faire un bilan d’étape. Ce bilan d’étape, nous le faisons, à la faveur de l’exposition que nous allons présenter dès ce week-end à la Maison des Initiatives Etudiantes.
 Et, à l’échelle de l’association, il est positif. Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai dit plus haut.

Ce bilan en appelle un autre, par ricochet : le mien. Après un peu plus d’un an de militantisme, c’est à moi de m’interroger sur mon action; sur les aspects positifs et négatifs de mon mandat au CA. Sur ce que j’ai réussi. Sur ce qu’il me reste à accomplir. Sur les changements qui sont intervenus dans ma vie.

Le MAG m’a appris un truc énorme, la prise des responsabilités. Aujourd’hui, je sais porter un projet et je sais que je serai à même de ne pas décevoir ceux qui me confient cette mission.
 J’ai, en ce qui concerne ma commission, des inévitables ratés dont je rendrai compte en temps voulu (à savoir dans peu de temps, l’AG est pour bientôt).


Le MAG a pris une importance grandissante dans ma vie. En termes de temps (je consacre à mes activités militantes le plus clair de mon temps libre), en termes de fréquentation (me voilà entourée au quotidien de personnes LGBT). Suis-je en train de devenir sectaire ? Suis-je en train de perdre pied et de tomber dans le communautarisme ? La question vaut d’être posée. Je ne l’ai pas encore résolue.

Aujourd’hui, je sais une chose, c’est que j’ai trouvé une cause qui vaut la peine que je me batte pour elle et en laquelle je crois. Toutes ces années, j’avais envie de gueuler et je ne savais pas pourquoi. Je viens de trouver une bonne raison de gueuler et je ne vais pas m’arrêter de sitôt, croyez-moi. 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 16:54

http://www.france.qrd.org/events/2002/ueeh/mercredi/jean.le.bitoux-dedicade-3.jpgAujourd'hui, je me suis invitée aux funérailles de Jean Le Bitoux.

J'ai beaucoup réfléchi avant d'y aller, et puis, symboliquement, je me suis dit qu'il aurait apprécié qu'un jeune militant fasse le déplacement pour lui dire au revoir et lui montrer qu'il y a des gens pour reprendre le flambeau à sa suite. Qu'il ne s'inquiète pas, la lutte continuera, nous sommes là pour y veiller.

 

Je ne l'ai pas connu. Je reconnais que je ne sais de lui que la biographie dressée par Le Monde, les témoignages de certains de ses amis. Et puis, toutes ses actions sont connues de moi : Gai Pied, journal que j'ai eu l'occasion de parcourir pendant le tri des archives de l'assoce, les Oubliés de la Mémoire pour ne citer que les plus impressonnantes.

 

Néanmoins, Jean Le Bitoux représente, par ce fait et le peu que je sais de lui, ce à quoi je crois, et ce vers quoi je tends. Ses amis font état d'un homme engagé, d'un ami fidèle et généreux, d'un homme qui avait foi en ce qu'il faisait, et qui savait la valeur de la mémoire dont il était le dépositaire.

Je crois en tout cela, et je ferai tout pour que cet homme soit pour moi un exemple, un modèle, quelqu'un dans les traces de qui marcher. Quand on est jeune et militant, et qu'on voit un grand bonhomme comme ça partir, emporté par le Sida, on se sent un peu orphelin. On regrette de ne pas être arrivé plus tôt, de ne pas l'avoir connu, de ne pas avoir bénéficié de ses conseils. C'est un peu le grand père qui est mort avant que vous ne le connaissiez et dont toute la famille vous parle.

 

Je crois que le mieux que je puisse faire est de tout faire pour qu'il soit fier de moi.

 

Au revoir Jean, j'espère que si tu nous regardes de là-haut, tu n'auras pas à rougir de ceux qui portent le flambeau à ta suite.

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  • TørnBlueJeans
  • Ben voilà. Ça c'est moi. Une gouinette hyperactive, qui fait plein plein plein de choses en même temps. Une fille qui ne se repose que pour se foutre sur internet et écrire ce foutu blog !
http://twitter.com/quota_atypique
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