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La vie de ma fenêtre...comment une lesbienne voit le monde ? Qu'est ce qui peut lui passer par la tête ? Au fond c'est quelqu'un comme vous, à un détail près :)

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Parce que mon existence est une bataille

Sur le quai du départ, je me débats avec l'envie -très solide- de l'embrasser, là, juste avant de monter dans le train.

Je n'ose pas. Je n'ose jamais.

Les femmes restent toujours tellement belles quand on les regarde de loin.

Et puis j'hésite, j'ai peur.

Un jour je mourrai de ne jamais avoir osé, d'avoir passé ma vie à manquer des coches, à rater des occasions.

Assise dans mon train, j'enrage.

 

Je boude. Douleur de ces instants où l'on sait que l'on est tellement idiot, quand on prie en silence pour que l'autre le soit moins que vous.

Et, quand, fatalement, rien ne bouge.

Ça reste suspendu dans la mémoire, à jamais inachevé, sauf cette parfaite frustration, fort nette, presque palpable, au fond du ventre...

Même s'il sont absurdes ces moments font partie de nos vies.

 

De ma colère à ma révolte, il n'y a qu'un pas.

A ma frustration se surimpose ce goût amer du : si j'avais osé ? Si j'avais embrassé cette fille ? Que se serait-il passé sur le quai? Aurait-on hurlé, regardé de travers, ricané, souri ? Aurions-nous eu la force d'affonter tous ces gens dont, au fond, nous redoutons la réaction ? Aurais-je assez la fièvre militante pour vivre ainsi en public ?

J'espère que oui.

 

Le problème est moins dans mon propre déficit de courage que dans l'amertume de ces pensées qui nous envahissent, toutes, nous les lesbiennes sur les quais des trains. Nous les lesbiennes de l'adieu.

Le problème est là,  dans ces instants intersticiels de nos vies qui sont déjà assez pénibles comme cela. Dans ces micros instants où rien n'arrive, mais où ne serait-ce que sa possibilité pose des difficultés.

Pourquoi ne pouvons-nous pas nous payer le luxe de penser que tout est possible ?

 

Pourquoi chaque instant de nos vies doit-il être forcément un combat ? Un simple baiser d'adieu ne devrait pas être aussi compliqué, aussi douloureux. Tout est à gagner, à chaque seconde. Pourquoi ?

 

Je suis une révolutionnaire du quotidien. Une de celles qui lève le poing pour que ces détails deviennent vraiment des détails. Des choses qu'on ne remarque plus.

Je crois que si je me bats aujourd'hui contre l'homophobie, c'est pour ces moments-là. Pour que chacun puisse vivre avec la pleine sensation d'avoir sa place.

Pour que l'on vive ensemble.

 

Parce que mon existence est une bataille, chaque baiser est une déclaration de guerre.

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R
<br /> Et bien je n'étais pas passée depuis quelques temps (comme t'as pu remarquer sur Twitter ;)...et ça fait plaisir d'avoir plein de nouveaux articles a lire ! Félicitations (encore) pour ton courage<br /> dans le documentaire, pour tous ses articles, mi-militants mi-#3615malife (y'a aucun mal à ça hein c'est ton blog quoi!)<br /> Bref, je continuerais à ouvrir mon dossier des Favoris dans Google Chrome et à cliquer sur quota_atypique ^^<br /> A bientot pour de prochains #ff ;-)<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Comment certaines, surement, j'ai regardé le reportage sur France4, puis j'ai fait le rapprochement entre les textes et les images que j'ai pu voir, ensuite..<br /> Dans ce reportage, quelque chose m'a fait tiquer. Moi ? J'ai 16ans, j'habite en province, j'ai une copine. J'aimerai bien militer, là n'est pas le problème. Mais.. J'ai eu du mal à accepter que des<br /> militantes n'acceptent pas ou peu de se montrer.<br /> <br /> Je trouve presque surréaliste de lire que tu n'oses pas l'embrasser sur le quai de la gare.<br /> Parce que je le fais, et que pour moi, c'était le plus bas palier du "militantisme", comment on peut se battre pour l'acceptation, pour la visibilité sans oser l'être soi-même ?<br /> <br /> Au fond, je comprends. Un peu.<br /> Mais, oui, surréaliste d'être aussi peu à oser. Supporter ceux qui détournent leur trajectoire, ceux qui te bousculeront après que t'ai embrassé ta copine sur le quai. Ceux qui t'insulteront et te<br /> suivront avec ce putain d'air satisfait.<br /> Se sentir exclue, pas à sa place, provoquer le dégoût.<br /> <br /> Oh, bonjour la France, faudrait peut-être qu'on s'en foute. Si on ose pas, ça ne marchera pas.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Salut :) J'arrive ici par hasard, via un #FF sur twitter où l'on était toutes les deux citées. Et je réalise que tu es l'une des nanas que j'ai vu dans le docu "les filles entre elles". La<br /> blogosphère est décidément terriblement minuscule. Bref, je repasserai car ca me plait bien, googlereader est mon ami ^^<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Voila un article puissant, constat d'une triste réalité. Quel dommage que tu ne puisses le balancer à Vanneste devant l'Assemblée Nationale. Oui, ce genre de texte écrit ainsi peut faire bouger les<br /> choses, pourvu qu'on nous accorde un temps de parole ailleurs que dans la 10ème Muse. Merci pour tout ce que tu fais.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> C'est joliment écrit. :)<br /> Du coup, j'attends le jour où tu transformeras ta frustration un peu triste en satisfaction un peu niaise.<br /> <br /> <br />
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